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Actualité

Le patrimoine culturel local

  • SAPS,
  • Droit-Economie-Europe,
  • Laboratoire Sciences Humaines et sociales,
Patrimoine local
Patrimoine local
Date(s)

le 5 février 2026

Lieu(x)
Faculté de droit, économie et sciences sociales
Bâtiment B, Amphi D

A priori, le patrimoine culturel local semble faire partie de ces notions qui font consensus : qui n’y serait pas sensible ? Qui s’y opposerait ? Qui n’y adhérerait ? Mais il faut toujours se méfier des a priori, et, à y regarder de plus près, cette apparente simplicité, qui paraît faire unanimité, ne résiste pas à l’analyse, et soulève de multiples difficultés.

D’abord, chacun des termes qui composent cet intitulé, pose, ou est susceptible de poser, problème : qu’est-ce que le patrimoine, dans notre domaine ? Plus encore, qu’est-ce que la culture (et le « culturel »), notion qui a donné lieu à d’innombrables définitions ? Et que faut-il entendre par « local » (notion faussement simple, elle aussi).

Ensuite, et surtout, les difficultés redoublent lorsque l’on veut réfléchir à cette notion de « patrimoine culturel local ». Les questions abondent, mais il est possible de les ramener à deux (qui elles-mêmes se décomposent en d’autres questions), auxquelles cet exposé entend apporter des éléments de réponse : qu’est-ce que le patrimoine culturel local ? Que faire de ce patrimoine ? La réponse, nous le verrons, n’est évidente pour aucune des deux.

Le patrimoine culturel local peut se décliner, selon des critères que les juristes connaissent bien, en patrimoine matériel et patrimoine immatériel. Le premier est immense, qu’il s’agisse du patrimoine immobilier ou du patrimoine mobilier. Dans le patrimoine immobilier on distinguera ce qui est patrimoine monumental (mais c’est une notion discutable car à contenu variable) et ce qui est petit patrimoine (qui peut, lui aussi, donner lieu à discussion). Et que dire du patrimoine mobilier, qui est encore plus étendu, une grande partie, d’ailleurs, ayant disparu (combien savent encore dire aujourd’hui ce qu’est un ostensoir ?).

Le patrimoine immatériel est, lui, discutable en tout, en même temps que susceptible d’une extension quasiment sans limites, qu’il s’agisse (ce ne sont que quelques illustrations) des langues, idiomes, patois, des contes et histoires populaires, les boissons (certaines tout au moins), sans oublier, désormais, les questions soulevées lorsqu’un coq, Maurice, a suscité de vives controverses, et pour lequel certains sont allés jusqu’en justice (et ce n’était pas pour la recette du coq au vin) …

Seconde question : que faire de ce patrimoine immense qui ne cesse de s’étendre, au vu des demandes de personnes, de groupes, de collectivités ? Protéger est la première réaction. Mais, pour des raisons évidentes (et aussi diverses que, par ex., le coût, ou le risque de « muséification », sur lequel s’interroge J. Clair) on ne peut pas tout protéger. Dès lors, que signifie protéger ? A partir de quand, et jusqu’où, protéger ? Encore plus embarrassante, voire scabreuse, est la question qui est posée, et qui ne peut que diviser : faut-il valoriser ? Et si oui, comment ? Les mêmes questionnements se présentent, les incertitudes sont redoublées.

On peut déduire de tout cela qu’il est parfaitement impossible de conclure, ce qui serait une fermeture, alors qu’il convient, à l’inverse, de laisser toutes les problématiques ouvertes, en gardant à l’esprit que le patrimoine culturel est quelque chose de précieux, que l’on ne peut remplacer par rien d’autre.