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Populisme(s) et xénophobie(s) en Europe

Date(s)

le 28 novembre 2019

par Jean-Yves CAMUS, Directeur de l’Observatoire des radicalités politiques de la Fondation Jean Jaurès, chercheur rattaché à l’IRIS (Institut des Relations Internationales et Stratégies).

Les élections qui se succèdent depuis une dizaine d’années en Europe ont vu émerger à droite des partis politiques que nombre d’observateurs se sont empressés de qualifier de « populistes ». Ce terme générique a permis de regrouper sous une même appellation des partis ayant des traditions, voire des fondements idéologiques fort divers. En effet, alors que plusieurs d’entre
eux s’inscrivent dans une tradition historique d’extrême droite, au demeurant plurielle, à l’instar du Front national français, du FPÖ autrichien, de la Lega italienne, d’autres sont affiliés à des courants conservateurs tels le Fidesz hongrois de Viktor Orban ou le PIS polonais d’Andrej Duda, ou constituent des courants inédits, mêlant xénophobie et défense des valeurs libérales (droits des femmes, des homosexuels), comme le PPV de Geert Wilders l’incarne aux Pays-Bas.
Ce terme « populisme » paraît commode d’un point de vue sémantique, en ce qu’il permet de regrouper sous une même appellation des partis que beaucoup de choses opposent en dehors du rejet des élites « déconnectées » et/ou « corrompues » s’accaparant le pouvoir au détriment du peuple et dénonçant « l’invasion de l’Europe » par les « vagues » migratoires menaçant la sécurité, l’identité ou encore le statut socio-économique des européens autochtones. Cette montée des populismes de droite et d’extrême droite en Europe s’accompagne d’un renouvellement des discours xénophobes et racistes, voire antisémites, et deviennent omniprésents dans les  débats politiques de la plupart des pays européens. Après avoir exposé son analyse de cette inflation idéologique sur le Vieux continent, Jean-Yves Camus, sans doute l’un des meilleurs spécialistes français et européens de la question, répondra aux questions de l’auditoire.

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